Le Lauragais est en deuil, Jean Odol nous a quittés le 12 décembre 2020

Le Lauragais vient de perdre son ambassadeur le plus talentueux.

Très attaché à ses racines paysannes, Jean Odol est né en 1927 à Ayguesvives, dans la maison de Ticaille, qu’il habitait encore au moment de son décès. Son père, fonctionnaire, instructeur militaire à Toulouse, passionné d’histoire, pousse Jean à devenir instituteur et s’applique, année après année, à lui transmettre sa passion de l’histoire. Il commence sa scolarité à l’école primaire d’Ayguesvives, puis de Baziège sa mère est alors brodeuse chez les religieuses et ensuite à l’école primaire de la rue Saint Michel à Toulouse. Il poursuit ses études au collège Berthelot, élève très sérieux, il a le prix d’excellence en terminale et obtient le baccalauréat en 1946. Il entre à la faculté des lettres de Toulouse en 1948 et obtient la licence de géographie, puis un diplôme d’études supérieures de géographie pour son étude sur « la banlieue de Toulouse », en 1955. Pour payer ses études, pendant six ans il est surveillant au lycée d’Auch puis au lycée Berthelot. Il est aussi jeune père de famille et doit donc assumer aussi sa vie familiale puisqu’il élèvera avec son épouse cinq enfants.

            En 1955, il commence sa carrière de professeur d’histoire et géographie au lycée de Béziers et prépare l’agrégation. Il s’intéresse à de nombreux domaines – démographie, économie, statistique, géographie agraire, droit, histoire politique et économique. Tout le passionne. Il est reçu 12ème à l’agrégation en août 1957.

            Professeur agrégé, il est nommé en 1957 au lycée Bellevue, un lycée pilote où les enseignants font de la recherche pédagogique, et enseigne l’histoire et la géographie. En mars 1959 il est élu Maire d’Ayguesvives, tout en exerçant son métier de professeur au lycée Bellevue. En 1968, il obtient un poste d’inspecteur pédagogique adjoint à temps partiel.

            En 1975,  nommé inspecteur pédagogique régional (IPR) à Bordeaux, il démissionne de son mandat de Maire d’Ayguesvives, jugeant ces deux fonctions incompatibles. En 1976, il obtient un poste d’IPR à Toulouse. Au rythme de 200 à 250 professeurs par an, il sillonne la région Midi-Pyrénées du sud au nord et de l’est à l’ouest en faisant près de 60 000 kilomètres par an .Il occupera cette fonction jusqu’à sa retraite en 1990.

            Il mène, en parallèle de sa carrière d’enseignant, des travaux de recherche en liaison avec l’Institut Pédagogique de Paris, étudiant tour à tour le vocabulaire pédagogique en histoire-géographie pour les classes de sixième, ou comment traduire un concept par un dessin, autant de notions qu’il utilisera dans ses nombreuses articles et  conférences qu’’il donnera à sa retraite.

            Jean Odol expliquait qu’il était devenu maire par devoir de solidarité envers sa terre natale, ses amis et ses copains d’école. La commune d’Ayguesvives lui doit de nombreuses réalisations (eau, assainissement, SIVOM, ZI, implantation de Zodiac, MJC) et notamment l’implantation de son collège en 1971.

            Les témoignages de ses anciens élèves traduisent un sentiment de respect et d’admiration pour ses connaissances, sa rigueur,  et la qualité de ses méthodes pédagogique. Il était très soucieux de la réussite de ses élèves, et avait beaucoup d’empathie envers eux. Il voyait son rôle d’inspecteur pédagogique régional, comme une sorte de conseiller pédagogique itinérant, faisant profiter ses jeunes collègues de sa grande expérience.

            Il a été décoré de la médaille de chevalier de la Légion d’honneur le 23 novembre 2001, par Monsieur René Amanieu, Inspecteur d’académie, pour 44 ans de services civils et d’activités culturelles. Car c’est au service de la culture que Jean Odol est le plus connu du grand public et c’est dans ce contexte que je l’ai rencontré et apprécié. En 1990 il fonde la Société d’Etudes du Lauragais à Nailloux. Il multiplie les conférences et les articles dans Couleur Lauragais. Il répond à toutes les invitations de l’ARBRE que nous avions fondé en 1989, pour évoquer le Lauragais. Car Jean Odol était un passionné du pays aux mille collines. C’est lui qui a eu l’idée des Médiévales de Baziège que nous avons créées en 1995 avec quelques passionnés locaux entrainés dans son sillage.

            Géographe il nous a fait découvrir le Lauragais avec ses plaines, ses creux et ses bosses. Historien, il nous a conduit de clochers en bastides, de château en abbayes, à travers de pays des cathares et du pastel, avec ses vents, ses terreforts er ses boulbènes. Il nous a fait découvrir ou redécouvrir l’histoire de notre terroir en la replaçant dans son contexte, toute l’histoire, celle d’hier et celle d’aujourd’hui, sans aucune complaisance, avec justesse et avec le seul souci de l’exactitude et de la recherche de la vérité.

            Le Lauragais en deuil vient de perdre un ambassadeur des plus talentueux. L’éducation nationale pleure un grand pédagogue, Ayguesvives et Baziège un enfant du pays qui leur a fait honneur durant sa brillante carrière. Pilier de l’ARBRE depuis sa fondation, les membres de l’association et moi-même, adressons à sa famille nos très sincères condoléances.

                                                                                                          Lucien Ariès

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